Flying Whales : 90 millions d’euros d’argent public investis et toujours aucun prototype de dirigeable

Mercredi 5 juin 2024

Un compte rendu tout récent de réunion à l’ONF Pyrénées Gascogne indique

« INNOVATION : Flying whales : Bon avancement du projet. Usine de Laruscade au nord de Bordeaux Essais prévus dans les Alpes, probablement 2026, prévision d’intervention sur trouées en coupe rase de 2000 à 3000 m2, livraison des bois sur zone de dépôt (Pas en scierie vis-à-vis de la sécurité et de l’approvisionnement en eau ) 60 tonnes de transport de charge en forêt »

Rien de nouveau sur le plan technique si ce n’est que l’essai initialement annoncé en 2023 a donc juste du retard (le sujet n’était donc pas enterré).

Après l’essai dans les Alpes, il ne fait pas de doute que les Pyrénées seront aussi concernés à plus ou moins brèves échéances.

Les agences ONF ont d’ailleurs fait une estimation du potentiel de volume des coupes éventuelles concernées par ce projet.

Ce projet a pour objet la construction d’immenses dirigeables de 200 m de long sur 50 m de diamètre et une capacité de transport de 60 tonnes. L’ONF est à l’initiative de ce projet avec Sébastien BOUGON qui a créé la société. Le but est clairement affiché par l’ONF dans l’article paru le 21/06/2019 sur son site. Aller abattre le bois là où « en France, une partie des ressources forestières est aujourd’hui inaccessible ». Benoit FRAUD, directeur commercial bois et service de l’ONF précise « Nous allons commencer progressivement par expérimenter ce dispositif dans les Alpes puis probablement dans les Pyrénées et en Guyane. »

On aura compris qu’il s’agit bien d’aller piller les ressources là où elles étaient encore préservées…

Revenons à l’implantation de ce projet, La Région Nouvelle Aquitaine et son président Alain ROUSSET ont sauté de joie pour l’accueillir, lui attribuant même une subvention de 10 millions d’euros (sur les 450 millions du projet). Et c’est la Communauté de Communes Latitude Nord Gironde qui a été choisi pour qu’il voie le jour.

Eux aussi ont sauté de joie et ne se sont pas posés beaucoup de question sur l’impact environnemental privilégiant les arguments habituels, l’emploi (200 à 300 mais rien n’est précisé sur le type, la durée…etc), le désenclavement et le prestige de recevoir des bâtiments de 70 m de hauteur (oui, oui…) sur 200 mètres de long.

Pourtant, il n’y a pas de quoi être fier. C’est 75 hectares qui seront artificialisés dont 90 % de forêt (l’équivalent de 83 terrains de foot), 48 hectares de zones humides, 16 hectares imperméabilisés, l’affluent de la Saye recouvert, le tout jouxtant deux zones Natura 2000. Et vous comprendrez bien que dans cet environnement, c’est tout un écosystème et une biodiversité qui vont disparaître ou tout du moins être extrêmement fragilisés.

On parle ainsi, selon l’avis de l’Autorité environnementale, de 18 sites de reproduction ou aires de repos d’espèces animales protégées, de 23 espèces animales protégées sur 206 répertoriées et de 252 espèces végétales dont 8 protégées. Soit un carnage sur cet environnement préservé.

L’avis n°100-2023 de l’Autorité environnementale délivré le 19 octobre 2023 est extrêmement négatif. Chaque point fait l’objet de recommandations. Elle remet même en cause la pertinence du choix du site et la justification d’une déclaration d’utilité publique demandée par la CDC Latitude Nord Gironde. Précisons que les réunions publiques ont eu lieu avec une faible communication, avant la réception de l’avis de l’Ae, et qu’il n’en ait à priori pas prévu d’autres.

Voir en ligne : https://www.francetvinfo.fr/economi...

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